- Transition énergétique
- 4 min.
Le média
de l’électrification
Cet épisode inaugural réunit Thomas MOREAU, Président de Rexel France, Agnès PANNIER-RUNACHER, ancienne ministre de la Transition écologique et députée de la 2ème circonscription du Pas-de-Calais, Benoît COQUART, Directeur général de Legrand et Président de la FIEEC, Myriam MAESTRONI, entrepreneuse et investisseuse, spécialiste de l’énergie.
L’électrification, un enjeu de souveraineté et de compétitivité
Nos intervenants s’accordent sur un point central : la France n’a pas de réserves de fossiles (99% du gaz et du pétrole importés). L’électrification n’est donc pas un choix idéologique mais un impératif économique et souverain. À chaque tension géopolitique (Ukraine, Moyen-Orient), la dépendance aux fossiles fragilise directement la compétitivité française.
Atout majeur : l’électricité française est 7% moins chère que chez ses voisins européens en moyenne, et même 40 à 80% moins chère qu’en Allemagne ou en Italie sur les prix spot en 2025.
La filière électrique française est présentée comme un écosystème mondial unique : Schneider, Legrand, Rexel, EDF, Engie, Vinci, Eiffage… soit 800 000 emplois, plus de deux fois l’industrie automobile.
Des gains concrets existent et sont déjà accessibles :
Benoît Coquart soulève un paradoxe fort, aussitôt appuyé par Agnès Pannier-Runacher : la taxe (accise) sur l’électricité est 2,5 fois supérieure à celle sur le gaz. Autrement dit, l’État taxe davantage une énergie produite en France avec des emplois français qu’un gaz importé de pays non-alliés. Un « vase communicant » fiscal est souhaité par la filière.
L’autre frein majeur est l’instabilité des aides publiques (MaPrimeRénov’, bonus électrique, C2E) : les règles changent trop souvent, empêchant les PME de planifier leurs investissements sur 3 à 5 ans.
Le 26 mai dernier, à l’Élysée, la filière électrique (fabricants, distributeurs, installateurs, énergéticiens) a signé ce pacte. Premier bilan : un signal fort, avec des mesures sur les pompes à chaleur et les véhicules électriques, sans coût budgétaire direct ni passage par le Parlement. La filière appelle désormais une étape 2 avec des mesures plus structurantes, notamment fiscales.