Mobilité
8 min.

Où trouve-t-on le plus de bornes de recharge en France ?

La France a connu une accélération sans précédent du déploiement des bornes de recharge pour véhicules électriques. Portée par les politiques publiques, les dynamiques urbaines, l’activité économique et le tourisme, cette infrastructure devient un marqueur clé de la transition énergétique et de l’aménagement du territoire.

Où trouve-t-on le plus de bornes de recharge en France ?

Avec un peu plus de 185 000 points de charge accessibles au grand public en décembre 2025, la France métropolitaine a connu une progression spectaculaire de son réseau de bornes de recharge. Une étude de l’Insee, publiée en fin d’année, a ainsi fait état d’une hausse de +69 % entre avril 2024 et mai 2025. Cette dynamique ascendante s’inscrit dans un contexte d’électrification rapide du parc automobile et de montée en puissance des politiques publiques en faveur de la mobilité décarbonée.

Les grands centres urbains, moteurs du déploiement

L’étude de l’Insee met en évidence des disparités territoriales persistantes. Les zones urbaines concentrent ainsi en moyenne 21 points de charge pour 10 000 habitants, contre 16 dans les zones rurales. Cette différence s’explique notamment par les modes d’habitat et les usages de la mobilité. En milieu rural, la recharge à domicile est facilitée par l’habitat individuel, ce qui réduit le besoin d’infrastructures publiques.

Entre avril 2024 et mai 2025, les grands centres urbains ont enregistré une progression de +86  % de leur nombre de points de charge, avec près de 22 000 nouvelles installations. Ces territoires affichent également la capacité moyenne la plus élevée par station et le ratio le plus important de points de charge pour 100 véhicules électriques.

L’Insee souligne que « près d’un tiers des ménages motorisés n’y disposent pas de stationnement privé », ce qui renforce logiquement la dépendance aux bornes de recharge accessibles au public.

 

Zones d’activité économique et communes touristiques : des pôles majeurs

Le réseau est particulièrement dense dans les zones dédiées à l’activité économique, qui regroupent 32 % des points de charge alors qu’elles ne couvrent que 0,5 % du territoire national. Il faut dire que ces espaces concentrent une forte fréquentation quotidienne liée à l’emploi et au commerce.

Le tourisme constitue l’autre levier majeur du déploiement des bornes de recharge. Les communes touristiques disposent en moyenne de 12 fois plus de points de charge que les communes non touristiques, notamment en zone rurale, où elles jouent un rôle structurant pour l’accès à l’énergie électrique.

 

 

Quelles sont les villes les mieux équipées pour recharger sa voiture ?  

D’après les données compilées par l’Insee, les grands centres urbains (plus de 200 000 habitants) affichent un taux moyen de 23 points de charge pour 100 véhicules. En 2025, la ville de Grenoble (Isère) se classe en tête avec une moyenne de 40 points de charge pour 100 véhicules. Suivent d’autres villes moyennes : Clermont-Ferrand (37), Dijon (32), Toulon (32), Tours (30) ou encore Reims (28).

Paris, qui concentre le plus grand volume de bornes installées, affiche un taux moyen de 24 points de charge pour 100 véhicules. 

Au niveau régional, selon les données de l’UFE (Union Française de l’Électricité), la Corse apparaît comme le territoire le moins bien équipé. Elle affiche un ratio très élevé de 23,2 voitures par borne. Malgré un bon taux d’équipement, l’Île-de-France affiche un ratio conséquent de 17,2 voitures par borne. À titre de comparaison, la tension est bien moins élevée en Normandie (11,1 voitures par borne).

 

Bornes de recharge : les autoroutes les mieux équipées 

Point névralgique de la mobilité automobile, les autoroutes sont désormais jalonnées de points de charge. Leur déploiement transforme aujourd’hui les stations-services implantées sur les aires d’autoroute. Au 1er février 2026, celles-ci totalisaient 4634 points de recharge supérieurs ou égaux à 50 kVA.

Quelques autoroutes sont encore à la traîne. C’est le cas de l’A16 qui relie la région parisienne au nord de la France où le taux d’aires de services équipées en IRVE atteint seulement 40 %. Autoroute la plus fréquentée de France, l’A1 affiche à l’inverse un taux de 92 % d’aires équipées. La palme revient à l’autoroute A23 le long de laquelle 100 % des aires de services sont équipées. Située dans le Nord de la France, celle-ci n’est toutefois longue que d’une quarantaine de kilomètres. 

 

Où se situent les bornes dans la ville ?

Du côté des grands centres urbains, les points de charge lents sont majoritairement implantés en voirie et dans les parkings publics. La part de ces derniers a triplé en quatorze mois, atteignant 21 % du total. Les gares constituent également des lieux stratégiques, 21 % d’entre elles disposant désormais d’un point de charge à proximité.

Dans d’autres agglomérations, comme Lille, Rennes ou Montpellier, les parkings privés à usage public, notamment ceux des grandes surfaces, concentrent la majorité des installations, favorisant la recharge rapide adaptée à des stationnements courts.

 

Une stratégie nationale tournée vers 2030

Dans ce contexte marqué par des disparités locales, l’État réaffirme une ambition nationale forte. Le gouvernement maintient l’objectif de 400 000 points de recharge ouverts au public d’ici 2030, dont environ 50 000 en recharge rapide.

Les pouvoirs publics travaillent également à améliorer l’expérience des usagers, notamment par un meilleur pilotage de la recharge, une information en temps réel et une meilleure articulation avec les réseaux d’électricité.

En conclusion, la cartographie des bornes de recharge en France reflète à la fois les dynamiques économiques, touristiques et urbaines du pays. Si les grandes villes et les zones d’activité concentrent l’essentiel des équipements, l’enjeu des prochaines années sera d’assurer un maillage équilibré et performant sur l’ensemble du territoire. Comme le souligne le gouvernement, « l’objectif n’est pas seulement de multiplier les points de charge, mais de concilier leur développement avec les réseaux électriques », afin de soutenir durablement la transition vers une mobilité fondée sur une énergie plus propre.

 

Pour aller plus loin, découvrez les résultats de l’étude de Rexel France consacrée à la mobilité électrique dans les territoires.

Ces articles peuvent vous intéresser

  • Mobilité

Voiture électrique : les objectifs de la nouvelle prime complémentaire

L’Etat met un nouveau coup d’accélérateur pour encourager la bascule des automobilistes français vers la mobilité électrique. Depuis le 1er octobre 2025, ceux-ci peuvent ainsi prétendre à une prime complémentaire de 1 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique. 

  • Mobilité
  • 7 min.

Flottes d’entreprises : les chiffres clés de l’électrification

Le Baromètre des Flottes et de la Mobilité 2025, mené par l’Arval Mobility Observatory en collaboration avec Ipsos, offre un éclairage inédit sur l’évolution des parcs automobiles d’entreprises. Entre électrification accrue et défis d’infrastructure, ce rapport dessine les grandes tendances à l’œuvre en...

Abonnez-vous à
Courant Positif
Abonnez-vous à Courant Positif

Mag : La France électrique

Pour télécharger le document, remplissez le formulaire ci-dessous :