Énergies renouvelables

Énergies renouvelables : une adhésion massive des Français

Une étude menée auprès de plus de 12 000 personnes montre que les EnR sont loin d’être rejetées par la population, Celle-ci demande plutôt à être mieux informée sur les bénéfices concrets de ces sources de production d’électricité désormais incontournables. 

Énergies renouvelables : une adhésion massive des Français

Énergies renouvelables : une adhésion massive des Français

À l’instar du loup d’une publicité devenue virale en fin d’année dernière, les énergies renouvelables (EnR) seraient-elles les mal-aimées des Français ? Politiquement, ces sources de production d’électricité bas-carbone, en particulier les énergies renouvelables intermittentes (dites EnRi, principalement l’éolien et le solaire), ont affronté des temps difficiles en 2025. De quoi susciter une vive inquiétude de la filière d’autant plus que l’Assemblée nationale est allée jusqu’à adopter brièvement un très décrié moratoire sur l’éolien et le solaire en juin dernier.

 

Mais qu’en est-il des premiers concernés, c’est-à-dire les Français ? Loin de la polarisation croissante du débat public, différentes enquêtes d’opinion révèlent que ceux-ci voient les énergies renouvelables d’un œil très favorable. Deux études majeures réalisées par l’IFOP en 2021 et en 2025 montrent même que leur soutien aux renouvelables s’est considérablement accentué.

84% des Français ont une bonne image des énergies renouvelables

Premier enseignement de l’étude réalisée au printemps dernier par l’IFOP pour ENGIE auprès d’un échantillon de plus de 12 000 personnes : l’ensemble des énergies renouvelables arrive en tête des sources d’énergie les mieux perçues, loin devant le nucléaire, dont l’image progresse considérablement (+ 13 points entre 2021 et 2025), et les énergies fossiles. Le solaire et l’hydraulique culminent à 89 % d’image favorable, suivis par la géothermie (87 %), le gaz vert* (81%) et l’éolien terrestre ou en mer (78 % chacun). Ce regard largement positif est partagé quelles que soient les générations, les territoires et les appartenances politiques. À peine 1 Français sur 10 jette ainsi  un regard négatif sur les énergies renouvelables.

À noter également que la proximité renforce l’adhésion. Au sein de l’échantillon très large de l’étude, 21 % des personnes interrogées vivent à proximité d’une infrastructure, soit plus de 2 500 personnes. Et le plébiscite est sans appel :  94 % d’entre eux se déclarent en effet favorables aux EnR, soit 10 points de plus que la moyenne nationale. Cette opinion grimpe même à 95 % lorsque les riverains ont été impliqués dans la décision d’installation, prouvant qu’une appropriation en amont est un facteur fort d’adhésion. Un constat qui montre également que l’impact économique local, perçu comme une opportunité, surpasse largement de potentielles nuisances dans l’opinion. 

Un renforcement exceptionnel en quatre ans

Cette adhésion massive représente en outre une progression remarquable. L’étude IFOP commandée par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) en octobre 2021 révélait déjà une image favorable pour 64% des Français concernant l’éolien terrestre et 66% pour l’éolien en mer. Les chiffres de l’étude 2025  commandée par ENGIE, confirment et amplifient cette tendance avec une progression moyenne de 13 points pour l’éolien. Le solaire photovoltaïque bénéficie, lui, de longue date d’une image extrêmement positive auprès des Français (85 % en 2021, 89 % en 2025).

Autre preuve d’une très large acceptation, 62 % des Français estiment que le développement des énergies renouvelables reste insuffisant, et ils sont prêts de 7 sur 10 à souhaiter une accélération dans les cinq prochaines années. Il faut dire que l’énergie  est désormais considérée comme une priorité majeure pour près d’un Français sur deux, au carrefour de leurs grandes préoccupations.

Du climat à la souveraineté : un changement de paradigme

Si l’adhésion s’est renforcée, les motivations ont profondément évolué. En 2021, la lutte contre le réchauffement climatique constituait un enjeu prioritaire pour 70 % des Français. En 2025, le climat reste une préoccupation majeure (69 %) à un niveau toutefois légèrement inférieur au  pouvoir d’achat (77 %) ou aux enjeux géopolitiques (73 %)

Plus révélateur encore, la souveraineté énergétique émerge comme une préoccupation de premier plan (69 %), un concept quasiment absent en 2021. Les Français reconnaissent par ailleurs massivement que les énergies renouvelables contribuent à restaurer cette souveraineté (78 %), à lutter contre le changement climatique (79 %) et à créer des emplois locaux (77 %).

De l’opposition à la complémentarité

L’une des évolutions majeures concerne la perception du mix énergétique. En 2021, le débat opposait souvent nucléaire et renouvelables. En 2025, 51 % des Français souhaitent un mix équilibré entre les deux. Plus remarquable : 62 % des favorables au nucléaire souhaitent également voir progresser les énergies renouvelables. Cette vision pragmatique traduit une maturité nouvelle : les Français se montrent désormais soucieux de ne pas dépendre  d’une seule source d’électricité.

Des freins identifiés et des confusions persistantes

Ce tableau général très positif peut être toutefois pondéré par une inquiétude persistante sur les nuisances perçues de ces énergies. Si une minorité de répondants juge que les EnR ne sont pas fiables, 58 % considèrent que l’éolien détériore les paysages tandis que 57 % s’inquiètent de l’usage des terres agricoles pour le solaire. 

Cette perception coexiste avec des approximations persistantes, notamment sur l’éolien. Un répondant affirme que « les éoliennes ne tournent que 25 % du temps ». Une confusion, comme l’explique l’ingénieur Jean-Marc Jancovici : « ce chiffre désigne le facteur de charge, signifiant que l’éolienne produit comme si elle tournait en permanence au quart de sa puissance ». L’Ademe indique qu’une éolienne tourne en réalité « 75 à 95 % du temps ». Cette confusion illustre un besoin de pédagogie : 78 % des Français souhaitent d’ailleurs bénéficier de plus d’informations fiables.

De l’argument à la preuve

In fine, l’étude 2025 révèle un fait crucial : les Français attendent des preuves plutôt que des arguments. Quatre questions clés conditionnent leur adhésion : « les EnR vont-elles réduire ma facture ? Dynamisent-elles mon territoire ? Sont-elles vraiment une solution climatique ? Favorisent-elles l’indépendance énergétique ? ». Soit autant d’interrogations auxquelles il est possible de répondre par l’affirmative.

L’acceptabilité locale confirme la logique pragmatique de la population. 81 % des sondés se déclarent favorables à une installation près de chez eux mais à condition de bénéfices concrets : baisse de facture (42 %), lutte climatique (35 %), compensation financière (29 %), emplois locaux (27 %).

Une transition de l’adhésion à la conviction

Entre 2021 et 2025, l’opinion a donc opéré une double transition. Quantitative d’abord : l’adhésion a progressé fortement. Qualitative ensuite : le soutien est devenu plus mature et exigeant. Les Français privilégient ainsi la complémentarité, identifient précisément les limites des EnR sans les rejeter pour autant et attendent d’être convaincus par les bénéfices qu’ils peuvent en tirer.

Cette évolution dessine un nouveau contrat de confiance. L’acceptabilité ne se construit plus par la communication descendante, mais par la transparence et les bénéfices partagés localement. Comme le formule l’étude ENGIE-IFOP, l’adhésion doit se consolider en apportant les preuves des bénéfices annoncés, en impliquant les citoyens et en incarnant localement les retombées positives. Soit une véritable feuille de route pour transformer une adhésion de principe en conviction durable.

* Le gaz vert ou biogaz est un gaz bas-carbone produit à partir de la fermentation de matières organiques (méthanisation). Il s’agit d’une énergie 100 % renouvelable, contrairement au gaz dit « naturel »  qui est extrait du sous-sol et fait partie des 3 grandes énergies fossiles avec le pétrole et le charbon.

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